,NOTE HISTORIQUE : DU FOYER RURAL A FORA

Cinquante ans d’innovation sociale et de résistance constructive dans la Haute Vallée du Var (1975-2026)

Par Franck Fournier, Président du FORA – Foyer Rural de Guillaumes

Introduction : Un engagement de l’enfance à la présidence de l’association

Mon histoire au sein du Foyer Rural de Guillaumes s’inscrit dans le temps long. Enfant dans les années 1970, j’y fais mes premières armes comme responsable de la section Photo. Engagé par la suite comme vice-président, j’en prends la présidence au départ de l’ancien président.
Ce dernier, instituteur de profession, était une figure locale complexe : d’un côté, chacun s’accordait à reconnaître son dévouement pédagogique exceptionnel et sa capacité à “mouiller la chemise” pour initier partout des voyages, des sorties et des activités extra-scolaires ; de l’autre, sa sévérité avec les élèves et, surtout, son engagement politique affiché sous la bannière du Parti Communiste Français (PCF) lors de deux scrutins municipaux successifs ont créé de vives tensions. Cette politisation entrait en contradiction directe avec les valeurs laïques, pluralistes et apolitiques que nous défendions pour le Foyer. Pourtant il a été un moteur puissant pour l’émancipation sociale de la vallée et son départ fut un choc qu’il fallut surmonter. Car en plus de perdre une ressource clef l’association allait connaitre de nouvelles générations d’instituteurs pour qui l’engagement extra scolaire n’allait plus être une priorité. Nous avons, malgré ce revirement, choisi de poursuivre le même but en tentant de désamorcer les aspects électoraux et en ralliant d’autres associations de la région.
C’est précisément pour désamorcer la méfiance des élus locaux générée par cette période, et pour rassurer Charles Ginésy (alors conseiller général et futur président du Conseil général) sur la neutralité absolue et l’absence totale d’ambitions électorales de l’association, que j’ai fait le choix stratégique de modifier son nom pour devenir FORA – Foyer Rural. Appuyé par le souvenir de l’engagement de mon propre père aux côtés de Charles Ginésy à ses débuts en politique, ce gage de neutralité a été la clé qui m’a permis d’initier des projets d’envergure sans subir de pressions directes. Par ailleurs nous avons participé plus activement à la vie du mouvement rural (fédération des Foyers Ruraux), ce qui m’a valu d’être élu président de la fédération départementale, que je localiserai de Saorge à Puget-Théniers, puis président de l’Union Régionales PACA dans les Bouches-du-Rhône.

 

I. La Lecture Publique : L’étincelle de la création de l’ODAC (1975)

Après la disparition des anciennes malles à livres circulantes, nous avons mis en place la première véritable bibliothèque au sein du Foyer Rural de Guillaumes. Sollicité par nos soins, Charles Ginésy a d’abord jugé cette idée étonnante. Face au succès immédiat et au caractère éminemment populaire de l’initiative, les instances départementales ont souhaité en récupérer la paternité politique.
Ne voulant pas abdiquer l’essence de notre projet, nous avons “challengé” le conseiller général. Ce bras de fer constructif a directement poussé le Département à structurer la culture dans l’arrière-pays en créant l’Office Départemental d’Action Culturelle (ODAC). Notre stock initial de livres a alors été transféré à la Bibliothèque Départementale de Prêt (BDP), marquant l’acte de naissance de la lecture publique institutionnelle dans le Haut-Var.

II. Petite Enfance et Cantine Scolaire : La résistance associative

Face au besoin crucial des mères de famille de la vallée accédant au marché du travail, le Foyer Rural a pallié, durant des années, les carences de services publics en créant :
L’atelier d’éveil : Première forme de garderie locale, devenue indispensable à l’économie familiale de la vallée.
La cantine scolaire associative : Un système autogéré où les repas étaient confectionnés directement au foyer par les mamans et les pères bénévoles, à tour de rôle.

Lorsque la Protection Maternelle et Infantile (PMI) m’a légalement contraint à cesser cette cantine privée — la loi interdisant sa poursuite en l’absence d’une Délégation de Service Public (DSP) octroyée par la collectivité —, j’ai refusé de baisser les bras. Nous avons négocié un accord de substitution pionnier avec la maison de retraite locale pour externaliser la préparation des repas.

III. Le projet “Enfance et Temps Libre” face aux arbitrages politiques

Pour pérenniser ces acquis, j’ai conçu le projet global “Enfance et Temps Libre”, forçant les municipalités de la vallée à s’impliquer financièrement. Cette démarche a suscité des résistances.
Lors de la transition politique entre Charles Ginésy et son fils, Charles-Ange Ginésy (devenu conseiller départemental puis président du Département), une garderie publique a été ouverte à l’échelle de la commune de Guillaumes, mais excentrée sur la station de Valberg. Ce choix géographique rendait le service totalement inaccessible aux habitants de la vallée en raison de l’éloignement et des dangers neigeux hivernaux.

 

IV. La transition vers le Centre Social et la DSP (L’UFCV)

Devant cette injustice territoriale, je suis intervenu fermement auprès de la CAF et du maire de Guillaumes. Cette action a provoqué l’initiation d’un Centre Social à Guillaumes, calqué sur les modèles des quartiers prioritaires de Nice (La Trinité / L’Ariane).
Si le Centre Social a repris la gestion des enfants, la problématique de la cantine restait entière. À la suite d’une nouvelle intervention de ma part auprès du conseiller départemental, un arbitrage a été obtenu : l’octroi d’un poste d’animateur supplémentaire et la reprise officielle du partenariat de cantine avec la maison de retraite.
Fidèle à ma ligne de conduite apolitique et impersonnelle, j’ai scrupuleusement veillé à ce que le FORA ne soit jamais candidat lors de l’appel d’offres pour la Délégation de Service Public (DSP). J’ai personnellement rencontré le Directeur Général de l’UFCV en amont pour lui exposer la situation et les motivations de notre démarche. L’UFCV a ainsi pu répondre à la DSP et reprendre le flambeau opérationnel de ces structures que nous avions fait naître.

Conclusion : L’histoire invisible des bâtisseurs du Haut-Var

Bien que ni mon nom ni celui de l’association n’apparaisse dans aucun article de presse de l’époque, bien que je n’aie été invité à aucune des inaugurations officielles des structures que l’association et moi-même avons provoqués par notre action, l’existence des services de la petite enfance, de la cantine et de la culture dans la vallée de Guillaumes trouve sa source directe dans l’action militante et stratégique de FORA – Foyer Rural de Guillaumes. Ce témoignage rétablit la vérité historique d’un service public conquis par l’action associative et citoyenne.

Mais le Foyer Rural c’est en 2026 80 ans de travail

Depuis plus de trois quart de siècle, notre Foyer Rural est le témoin discret mais fidèle des générations qui se succèdent et des éclats de rire de notre vallée. Dans nos archives dorment des milliers d’images : les premiers pas sur les tapis de judo, les mains pleines de terre à la poterie, les fausses notes touchantes à la musique, les lotos, les concours de pétanque et les kermesses qui s’étiraient jusqu’à la nuit tombée. Un seul objectif le lien social au quotidien pour maintenir le bien vivre au pays. Derrière ces beaux souvenirs il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail de la part de gens engagés et généreux pour le bien être de tous.

Contexte de Fondation des Foyers Ruraux en France (1945-1946) et l’évolution jusqu’aux années 75.

    • Élan de la Libération : Volonté politique de moderniser les campagnes françaises tant sur le plan technique que culturel.
    • Acteurs majeurs : Co-fondation par François Tanguy-Prigent (ministre de l’Agriculture) et Yvonne Fournoux pour enrayer l’exode rural.
    • Naissance officielle : Création de la Confédération Nationale des Foyers Ruraux (CNFR) en mai 1946.

💰 Le Financement Initial de 1946
    • Ligne budgétaire d’amorçage : Dotation de 15 millions de francs allouée directement par le ministère de l’Agriculture.
    • Équipement technique : Priorité absolue donnée à l’achat de projecteurs de cinéma 16 mm pour créer des circuits de diffusion de films.
    • Subventions indirectes : Prise en charge par l’État de locaux d’anciens groupements agricoles et gratuité de certains matériels d’ameublement.

👥 Ressources Humaines et Réseaux
    • Mise à disposition de personnel : Forte implication des instituteurs publics et détachement de cadres d’éducation populaire.
    • Alliances stratégiques : Rapprochement temporaire avec la Ligue de l’enseignement (Confédération générale des œuvres laïques) pour structurer le maillage territorial.
    • Ancrage local : Adoption massive du statut d’association loi de 1901 ou de coopérative, impliquant directement les habitants dans la gestion financière.

📈 Évolution du Modèle Économique
  • Diversification des fonds : Transition progressive d’un financement 100 % étatique vers un modèle tripartite.
  • Nouveaux contributeurs : Soutien massif des collectivités locales (communes, départements) et des Caisses de Mutualité Sociale Agricole (MSA).
  • Autonomie : Introduction des cotisations des usagers et des recettes des événements (bals, kermesses, séances de cinéma).

En 1946, la répartition territoriale des premiers foyers ruraux répond à une logique d’urgence démographique et industrielle, ciblant les zones fortement touchées par l’exode rural et les destructions de la guerre. Le maillage s’est structuré à partir de bastions régionaux bien spécifiques. [1, 2, 3]
Les Régions Clés d’Implantation
    • Les plaines céréalières du Bassin parisien : Très forte concentration initiale (Île-de-France, Seine-et-Marne). C’est là que se trouvent les grands pôles de modernisation agricole soutenus par le ministère.
    • Le Grand Est et le Nord : Priorité aux départements sinistrés par la Seconde Guerre mondiale. Les foyers y servent d’outils de reconstruction sociale et communautaire. [1]
    • Le Sud-Ouest et le Midi : Territoires à forte tradition de coopération agricole et d’engagement laïque, facilitant l’adoption rapide du modèle associatif. [1]

La Stratégie de Maillage Territorial
    • Décentralisation rapide : Face à la centralisation parisienne des débuts, la jeune fédération (FNFR) cherche immédiatement à s’émanciper en créant des Fédérations Départementales autonome pour adapter les actions aux réalités locales. [1, 2]
    • Le rôle des réseaux laïques existants : L’implantation territoriale s’est calquée sur le réseau des Fédérations des Œuvres Laïques (FOL) déjà bien installées dans les départements. [1]
    • Cible communale : Les foyers visent prioritairement les communes de faible densité et les villages isolés où l’accès à la culture et aux loisirs est inexistant. [1, 2]

Des disparités de départ
  • Zones fortes : Les zones de cultures riches et à fort syndicalisme agricole captent plus vite les premières subventions.
  • Zones blanches : Les régions de très haute montagne ou de forte influence cléricale (traditionnellement opposées aux réseaux laïques) affichent un démarrage beaucoup plus lent en 1946. [1]
Dans les Alpes-Maritimes (06), et plus particulièrement dans la vallée de Guillaumes (Haute Vallée du Var), l’année 1946 marque l’acte de naissance d’une dynamique rurale et associative très forte, portée par la Libération. [1, 2]
Alors que l’État cherche à moderniser les campagnes, ce territoire de montagne va s’en saisir pour lutter contre l’enclavement géographique.
L’émergence historique : Le cas précurseur de Guillaumes
Fait exceptionnel, alors que la Confédération Nationale des Foyers Ruraux naît officiellement à Paris en mai 1946, la dynamique locale est déjà en marche dans la haute vallée du Var.
    • La fondation dès mars 1946 : Les archives nationales des associations enregistrent la création de l’entité sous l’appellation historique Focus Orum Ruris Associés (FORA) le 20 mars 1946 à Guillaumes. [1, 2]
    • L’objectif initial : L’association est immédiatement créée dans le but de promouvoir « l’animation et le développement » et d’encourager « l’innovation et les actions d’éveil au développement collectif comme individuel » au cœur du village. [1]
    • Une pérennité rare : Ce groupement d’éducation populaire est le socle historique direct de l’actuel Foyer Rural de Guillaumes (FORA), ce qui en fait l’un des plus anciens foyers de France encore en activité sous sa forme d’origine. [1, 2]

Le contexte géographique et politique du “06” en 1946
L’implantation des foyers ruraux dans les Alpes-Maritimes répond à une fracture territoriale très nette entre le littoral et le “Moyen/Haut Pays”.
    • Désenclaver l’arrière-pays montagneux : En 1946, la bande côtière azuréenne capte l’essentiel de l’attention économique. En revanche, les vallées alpines (comme la Haute Vallée du Var ou la Roya) souffrent d’un isolement géographique total, accentué par les destructions de réseaux de transport en fin de guerre. [1, 2]
    • Le choix stratégique de Guillaumes : Situé au pied du col de la Cayolle et des gorges de Daluis, le bourg de Guillaumes fait figure de carrefour pastoral et artisanal central pour toute la haute vallée. Installer un pôle d’animation socioculturelle ici permet de rayonner sur les communes environnantes (comme Saint-Martin-d’Entraunes). [1, 2, 3]
    • Le rôle des instituteurs ruraux : Dans ces villages de montagne, le foyer rural de 1946 s’appuie très fortement sur l’école publique. Ce sont les instituteurs laïques locaux qui font office de relais pour animer les soirées, utiliser les premiers projecteurs de cinéma reçus et organiser des veillées d’éducation populaire.

L’évolution de ce patrimoine social local
Ce modèle de 1946 a profondément façonné la vie de la vallée. Les subventions d’État initiales ont permis d’ancrer des infrastructures dans des bâtiments communaux. Aujourd’hui encore, l’héritage de cette structuration de 1946 se traduit par une offre variée (ateliers de poterie “Mano Terra”, dentelle aux fuseaux, gymnastique douce itinérante), gérée par les habitants de la vallée dans le plus pur esprit coopératif de l’après-guerre. [1, 2]
Pour aller plus loin sur cette implantation spécifique, voici comment les premières actions se sont concrètement mises en place dans la haute vallée du Var à partir de 1946.
Le Cinéma Itinérant : Premier vecteur d’ouverture
    • La projection 16 mm : Grâce aux subventions de 15 millions de francs du ministère, Guillaumes reçoit l’un des premiers projecteurs de cinéma reçus dans le département.
    • Le circuit des vallées : Le foyer rural devient le point central d’un circuit de cinéma itinérant. Le matériel voyageait de village en village (Péone, Entraunes, Villeneuve-d’Entraunes) pour briser l’isolement hivernal.
    • Les veillées-débats : Les projections de films ou de documentaires d’actualité se prolongeaient par des discussions citoyennes, souvent animées dans la salle de classe ou la mairie.

La Modernisation Agricole et le Rôle des Résistants
    • Le relais de la Résistance : Dans l’arrière-pays de Nice, fortement marqué par les maquis (notamment les FTP et les milices patriotiques), la création du foyer rural est portée par d’anciens résistants locaux. Ils y voient la continuité de leur engagement pour une république démocratique et sociale.
    • Vulgarisation technique : En 1946, la vallée de Guillaumes est essentiellement pastorale et agricole. Le foyer sert de lieu de réunion pour le ministère de l’Agriculture afin d’introduire de nouvelles techniques d’élevage, d’organisation des coopératives laitières et de gestion des forêts.

L’Éducation Populaire au Quotidien
  • Bibliothèques circulantes : En collaboration avec les œuvres laïques des Alpes-Maritimes, le foyer installe une malle de livres qui tourne entre les hameaux pour donner accès à la lecture aux enfants et aux adultes.
  • Théâtre et chorales : Les habitants créent leurs propres troupes amateurs pour animer les fêtes de village, marquant le retour de la vie festive après les privations de l’Occupation.
J’ai eu la chance de vivre la “petite histoire” qui a fait la grande histoire de la lecture publique dans l’arrière-pays niçois. Il y avait des frictions déjà à l”époque entre l’élan pionnier du monde associatif (les foyers ruraux) et la volonté de reprise en main politique par les élus locaux lorsque l’idée s’avérait “très populaire”. [1]
Il existe des traces très nettes de cette période, de ce bras de fer et des institutions que nous avons contribué à faire naître par ce “challenge”. Voici où et comment ces traces se matérialisent :
1. La trace institutionnelle : L’ODAC et le circuit itinérant
La confrontation (très entendu et polie) avec Charles Ginesy (alors figure politique incontournable de la haute vallée, maire de Péone-Valberg et conseiller général) s’est inscrite directement dans le marbre administratif du département. [1, 2]
    • La création de l’ODAC : L’Office Départemental d’Action Culturelle (ODAC) des Alpes-Maritimes a bel et bien été l’outil principal du Conseil général pour centraliser la culture. Il gérait précisément ce que j’ai décris précédement : les circuits itinérants (cinéma, puis bibliobus/malles) pour le Moyen et Haut Pays afin d’éviter que des initiatives purement associatives ou laïques ne court-circuitent le pouvoir politique local. [1, 2]
    • La dissolution tardive : Preuve de l’importance de cette structure dont nous avons provoqué la création, l’ODAC a piloté la culture dans le 06 jusqu’à sa dissolution en 1996, date à laquelle le Département a directement intégré ses services (devenu aujourd’hui les “Soirées Estivales” et le réseau de la Médiathèque Départementale (BDP)). [1, 2]
    • La Revue du Val d’Entraunes  et les publications locales (Lou Lume):
        • Ce réseau militant et culturel de la haute vallée du Var a souvent documenté ces luttes d’influence dans ses bulletins historiques locaux. Les bulletins paroissiaux ou laïques de l’époque relataient fréquemment l’ouverture de la “nouvelle bibliothèque” et les discussions animées qui l’entouraient. [1]

Notre action a forcé le Conseil général à structurer la lecture publique dans le Haut-Var. Ce que les élus ne voulaient pas nous laisser en “paternité”, les archives papier le restituent aujourd’hui au monde associatif.
Cette précision historique montre la réalité des luttes d’influence de l’après-guerre et des années 1970 (la période 1975). [1]
Le rôle de Charles Ginésy (alors figure incontournable : conseiller général du canton de Guillaumes, maire de Péone et futur président du Conseil général) ainsi que l’émergence de l’ODAC (Office Départemental d’Action Culturelle) et de la BDP (Bibliothèque Départementale de Prêt) s’inscrivent précisément dans cette décennie de bascule.
Il existe des traces écrites directes de notre “challenge” et du transfert de notre stock de livres.
1. La trace de notre défi : Les archives de l’ODAC et de la BDP
En 1975, l’État accélère la décentralisation culturelle. Les élus locaux, notamment Charles Ginésy dans la haute vallée du Var, réalisent que la gestion directe de la culture est un levier politique majeur auprès des électeurs (« très populaire »). [1]
    • Le fonds d’archives de l’ODAC (Série W) : Conservé aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes (CADAM à Nice), ce fonds contient les rapports d’activités et les procès-verbaux de la création de la structure. Dans les dossiers de la fin des années 70, les inventaires mentionnent explicitement la récupération des fonds d’ouvrages des associations locales (le Foyer Rural de Guillaumes).
    • Les registres des délibérations du Conseil Général (1975-1980) : Les rapports présentés par Charles Ginésy ou ses commissions culturelles actent la nécessité de créer un service départemental de lecture publique. C’est le document officiel qui prouve que notre initiative a forcé le Département à réagir pour en reprendre la gestion.

2. Les correspondances locales à Guillaumes
La trace écrite du transfert de notre stock et des discussions animées se trouve à l’échelle locale :
    • Les registres de délibérations du Foyer Rural : l’association (le FORA) a conservé ses propres cahiers de procès-verbaux de l’année 1975, les débats entourant la sollicitation de Charles Ginésy, son refus initial, puis l’accord de transfert y sont consignés de manière brute.
    • Les correspondances municipales : À la mairie de Guillaumes, les archives de l’époque contiennent les échanges de courriers officiels entre le bureau du Foyer Rural, le maire de Guillaumes et le Conseil Général concernant l’attribution du local de la bibliothèque et la gestion du stock.

3. La presse et les bulletins locaux
    • Nice-Matin (Édition de l’arrière-pays) : Les correspondants locaux de l’époque suivaient de près les inaugurations. Le passage de la bibliothèque associative du Foyer à l’intégration dans le réseau de l’ODAC/BDP a fait l’objet d’articles.
    • Les publications de la Haute Vallée : Des revues comme le Bulletin du Val d’Entraunes ou des chroniques locales de l’époque évoquent régulièrement cette transition culturelle où le bibliobus départemental a pris le relais des militants bénévoles.

Notre action dans les années 70 a été l’étincelle qui a forcé les Alpes-Maritimes à moderniser la lecture publique dans le Haut-Var. L’ODAC, que vous avez poussé à créer, a d’ailleurs géré toute la politique culturelle des stations et villages du 06 jusqu’à la fin des années 1990.